Lors de notre première réunion en présentiel, en septembre 2024, nous avions noté qu’une “charte déontologique” était nécessaire pour la liste de diffusion. Le mot était peut-être un peu sévère, mais le besoin était réel. Voici chose faite : ReBiLy se dote d’un code de conduite.
La plupart des codes de conduite de réseaux ou de conférences traitent du harcèlement, des discriminations, des comportements intimidants. C’est indispensable, et le nôtre le fait. Mais une communauté scientifique a aussi ses propres travers, moins souvent nommés explicitement. Nous nous sommes appuyés sur la charte de bonne conduite de la SFBI et avons cherché à aller un peu plus loin sur quelques points.
Le plagiat et l’appropriation de travaux. ReBiLy est un espace d’échange : on y présente des pipelines en cours de développement, des approches méthodologiques pas encore publiées, des idées à l’état brut. C’est précisément ce qui rend le réseau utile. Mais cela crée aussi une zone grise : une idée partagée informellement lors d’une réunion n’est pas dans la littérature, n’a pas de DOI, et peut donc être reprise sans que personne ne s’en rende compte — ou en faisant semblant de ne pas s’en rendre compte. Le code de conduite nomme ce problème explicitement, et rappelle que l’attribution correcte des contributions s’applique aussi aux échanges informels.
La divulgation non autorisée de résultats non publiés. Les réunions sont un espace de confiance : on y présente des données préliminaires, des résultats en cours d’interprétation, parfois des projets encore confidentiels. Ce qui est partagé dans ce cadre ne doit pas circuler sans l’accord explicite des personnes concernées.
Le dénigrement professionnel et le sabotage. Ce sont des réalités du monde académique, d’autant plus lourdes à porter que beaucoup de membres de notre communauté sont en CDD, en thèse ou en post-doc. La carrière est fragile, et une critique publique malveillante peut faire des dégâts durables. Le nommer dans une charte ne règle pas le problème, mais ça indique clairement que ce n’est pas toléré ici.
Les comportements condescendants ou excluants. ReBiLy rassemble des profils très différents : biologistes reconvertis à la bioinformatique, informaticiens venus aux sciences du vivant, titulaires, contractuels, doctorants, collègues du secteur privé. Cette diversité est une force. Mais elle peut aussi générer des rapports de légitimité implicites: le “vrai” bioinformaticien face à tous les autres. Le code de conduite dit que ce type de posture n’a pas sa place ici.
Le code est disponible ici. Il est court, lisible, et — j’espère — de bon sens.